Le vote reculé, pour laisser place au débat public

Les habitants doivent pouvoir poser toutes leurs questions avant de se décider

Après mûres réflexions, le Comité de pilotage du projet de fusion des communes du Haut-Vallon a pris la décision, cette semaine, de retarder de deux mois le vote populaire. Les ayants droit de Renan, Sonvilier, Saint-Imier, Cormoret et Courtelary seront donc appelés aux urnes le dimanche 29 novembre, pour y décider si leurs communes fusionneront pour créer celle d’Erguël.

Un coup du virus…

La crise sanitaire, seule, explique cette décision de report. « Nous sommes prêts, les groupes de travail ont rempli leur mission en respectant parfaitement le calendrier fixé, tous les rapports ont été présentés dans les délais. Dans ce sens, un vote fin septembre était parfaitement envisageable », précise Benjamin Rindlisbacher, président du CoPil.

Un facteur important du processus, cependant, a grandement souffert de la crise sanitaire : la communication. Et notre interlocuteur de poursuivre : « Nous l’avons toujours affirmé haut et clair : les autorités tiennent absolument à pouvoir ouvrir le dialogue avec la population, à jouer une transparence totale. Or après l’annulation de notre séance publique prévue le 18 mars et consacrée au volet financier, puis la mise en place d’un déconfinement par étapes, nous avons constaté que le temps devenait trop court pour espérer mener ce dialogue avec sérénité. »

Précipitation malvenue

En début de semaine, le CoPil s’est montré unanimement ferme : il n’est pas question d’inviter ses concitoyens à voter sans avoir pu leur donner des occasions de s’exprimer, de poser toutes leurs questions et d’obtenir des réponses complètes. Or entre la fin des vacances horlogères et le dimanche 27 septembre, date prévue du vote, il ne subsistait qu’une courte période ; il aurait donc fallu jouer la précipitation pour espérer dispenser toutes les informations souhaitées et souhaitables, pour tenter de donner l’occasion à toute la population de s’intéresser à cet objet capital.

Priorité aux affaires suspendues

Secondairement, le CoPil a estimé judicieux de laisser aux affaires communales urgentes, qui ont été mises en suspens par la pandémie, la priorité d’être réglées par les urnes du 27 septembre. En déplaçant le scrutin sur la fusion de deux mois, on évitera d’inonder les citoyens de documentation et de décisions à prendre simultanément, en sus des objets fédéraux repoussés ce printemps.

Débats en vue

Ce mois encore, le CoPil va établir un calendrier des débats publics et autres séances d’information qu’il entend mettre sur pied, afin d’expliquer et de discuter la vaste étude menée par les cinq groupes de travail. « Le dossier de fusion est complet depuis quelques semaines, nous sommes impatients de pouvoir en débattre avec la population concernée. Sur un projet aussi important et unique, il est nécessaire que le taux de votants soit élevé, que la décision reflète la volonté d’un grand nombre. Or pour intéresser les ayants droit et les inciter à voter, il faut pouvoir communiquer avec eux », conclut Benjamin Rindlisbacher. Non sans souligner que le report du vote ne modifiera en rien le calendrier établi pour la fusion, à savoir l’entrée en vigueur de la nouvelle commune d’Erguël au 1er janvier 2022. | copil