Erguël existe déjà au quotidien

Erguël A

La nouvelle commune donnera une réalité politique et administrative à la vie quotidienne

Soyons réalistes : pour l’immense majorité de la population de Courtelary, Renan, Saint-Imier, Sonvilier et Cormoret, la fusion de ces cinq communes politiques ne changera absolument rien, à part l’en-tête sur le courrier émanant de la Municipalité. Chacun continuera à satisfaire ses besoins ou ses envies de la même manière, en passant sans y penser d’une localité à l’autre pour travailler, pour vivre un spectacle, pour rencontrer des amis autour d’un verre ou d’un repas  -lorsque la situation sanitaire l’autorise…-, pour emprunter des documents audiovisuels ou rechercher des documents historiques, pour fréquenter un foyer de jour, pour s’adonner à des activités sportives, pour remplir son garde-manger ou pour toute autre activité de la vie quotidienne.

Les jeunes générations ne sont surtout pas les seules à passer les frontières communales quotidiennement. Nul besoin d’avoir usé les bancs d’école du village voisin, pour y compter autant de connaissances que dans sa localité de domicile.

Assez grande et assez petite

Si la mondialisation exerce des effets graves et pervers sur l’économie, sur le climat, sur la population qui a souvent tout à perdre d’une concurrence excessive, le regroupement de cinq communes telles que les nôtres, aura incontestablement des résultats inverses. Les différences économiques et sociales entre nos localités sont finalement infimes. C’est en s’unissant, pour atteindre la taille d’une petite ville, que nous pourrons conserver notre confort tout en défendant notre coin de terre.

Erguël : une commune juste un peu plus grande, dont les autorités seront à peine moins proches de leurs administrés, une entité avec laquelle l’Arc jurassien devra compter mais dont les habitants se connaissent mieux que ne se connaissent ceux des villes régionales, une collectivité assez grande mais assez petite, pour utiliser une expression dans l’air du temps…

La révolution n’est pas pour demain !

La création de la commune d’Erguël n’a rien d’une révolution. L’alimentation en eau et en énergies, l’élimination des déchets et le traitement des eaux usées, l’entretien du patrimoine immobilier, celui des routes et chemins, le soutien aux collectivités culturelles et sportives, la scolarisation des enfants et la formation de tous, la diversité industrielle et économique, le tissu commercial et les bureaux de services : tous continueront à vivre et fonctionner comme aujourd’hui.

Et qu’on ne le nie pas : les services publics à la population demeureront eux aussi les mêmes qu’actuellement, qui bénéficieront encore d’une amélioration prévisible due à la spécialisation, à l’émulation et à l’échange d’expériences.

Pour les férus de politique, la révolution n’est pas davantage à la porte. Certes, on remplacera les assemblées municipales par un Conseil général, mais les intéressés de toute la commune pourront s’y faire élire.

Réellement démocratique

Au demeurant, à l’exception de quelques citoyennes et citoyens fidèles, qui osera se plaindre de ce changement ? Conçu comme l’outil démocratique de référence, l’assemblée communale est devenue, chez nous comme ailleurs, l’outil décisionnel d’une très petite minorité. Peut-on vraiment parler d’organe démocratique important, sachant que Cormoret bat tous les records, avec une participation moyenne de 9,85 % de ses ayants droit sur les quatre dernières séances législatives ?

Les trois autres petites communes présentent des taux moyens, sur la même période, de 5,31 %, 5,72 % et 5,8 % respectivement. Et qu’on n’invoque pas le coronavirus, lequel n’explique en rien cette moyenne : Courtelary a connu un taux de participation exceptionnel de 10,43 % en septembre dernier !

Si l’on se préoccupe de démocratie, on se réjouira que soit créé et élu un Législatif qui ne sera pas autorisé à prendre la moindre décision si le quorum n’y est pas atteint, soit une participation dépassant 50 pour cent. | copil de fusion du haut-vallon