Une voix qui porte et nous fera entendre à l’échelle du canton et de l’Arc jurassien

Notre modestie naturelle ne doit pas occulter les multiples atouts de notre région, qu’ils relèvent des secteurs primaire, secondaire et même tertiaire. Richesse du tissu industriel et de formation, diversité et vigueur des entreprises agricoles, qualité de vie incomparable, paysages enviés et biodiversité encore généreuse : le Vallon n’a rien d’une terre de seconde zone et il mérite de jouer un rôle significatif dans le concert des villes régionales, voire des villes romandes. En réunissant cinq localités, la future commune d’Erguël peut nous assurer enfin ce rôle à notre mesure.

Avec près de 10’000 habitants, la nouvelle commune sera démographiquement la première du Jura bernois et la 20e des 342 communes bernoises actuelles. Pour comparaison, Cormoret occupe aujourd’hui le 267e rang cantonal, Renan le 203e, Sonvilier le 172e, Courtelary le 151e et Saint-Imier le 38e.

D’aucuns apprécient la petitesse numérique de nos collectivités, le fait de se connaître tous ou presque ; au contraire de l’anonymat régnant dans les grandes cités, cette taille modeste constitue une très bonne raison de demeurer ou de venir s’établir ici. Or cette richesse ne souffrira en rien de la fusion des communes. Les habitudes de vie se moquent bien des questions administratives.

En créant une grande commune politique, on ne modifiera nullement l’existence quotidienne de ses habitants, lesquels continueront pour la plupart à se réclamer de leur village.

En termes de défense des intérêts de chacun, la petitesse est par contre un handicap certain…

Des chiffres, mais pas seulement !

Les données démographiques sont effectivement bien plus significatives qu’il n’y paraît. Avec ses près de 10’000 habitants, Erguël atteindra la masse critique pour être traitée d’égale à égale par les entités de grandeur comparable, au sein du canton de Berne. Sa voix portera nettement plus clairement les revendications de sa population, que ce soit auprès des autorités cantonales ou dans le concert plus vaste de l’Arc Jurassien.

A ce sujet, plus personne n’ignore aujourd’hui que l’espace Bejune (Berne, Jura, Neuchâtel) couvre une zone à la communauté de destin reconnue. En devenant plus forte au cœur de cet espace, Erguël contribuera indéniablement à défendre mieux et positionner plus favorablement l’Arc jurassien en Suisse romande et à l’échelle transfrontalière.

Erguël sera une commune romande qui compte, peut-être même jusqu’aux yeux de l’Arc lémanique.

Un plus pour les entreprises

En se positionnant mieux sur l’échiquier, le Haut-Vallon de Saint-Imier favorisera son tissu industriel hautement technologique. Sur ce tremplin mieux visible, le secteur secondaire régional se fera plus facilement connaître et devra consacrer moins d’énergie à convaincre les employés dont il a besoin d’une part, à s’enrichir de nouveaux entrepreneurs ou investisseurs d’autre part.

Le terreau est indubitablement fertile, dans nos communes, en matière de formation, de qualification professionnelle et même de collaborations potentielles interbranches. Encore faut-il le faire savoir loin à la ronde, ce qui sera d’autant plus aisé d’une voix unique.

Une chance pour les autres secteurs

Les professionnels des secteurs primaire et tertiaire auront tout à gagner eux aussi d’une commune plus solidement profilée.

Qu’ils soient agriculteurs et/ou éleveurs, qu’ils élèvent et/ou transforment les produits de la terre, qu’ils les commercialisent directement ou doivent travailler avec des intermédiaires, tous les professionnels du secteur primaire peuvent espérer se faire mieux entendre, auprès des autorités cantonales et fédérales spécialisées, s’ils appartiennent à une collectivité forte et estimée. Une région à la voix énergique soutient plus efficacement les siens, dans tous les domaines.

Dans le secteur tertiaire, les acteurs du tourisme ont tout intérêt -et l’économie locale avec eux !- à pouvoir se réclamer d’une collectivité unie, connue et reconnue, qui portera un programme d’activités douces et adaptées à la région. L’Espace découverte Energie représente un exemple concret de ce qu’il est possible de mettre en place dans ce domaine, lorsqu’on regroupe des forces diverses.

Mobilité gagnante

Un domaine en particulier concerne aussi bien la population en général, toutes générations confondues, que les divers secteurs économiques ; on pense évidemment à la mobilité, où le maintien de la ligne ferroviaire Bienne-La Chaux-de-Fonds -et d’un horaire satisfaisant pour les écoles comme pour les travailleurs et les touristes-, sera bien plus efficacement défendu par une grande commune ! | copil

Stérile concurrence

Outre les avantages en termes d’images et de communication/revendication, le fait de s’unir permettra de renoncer à une concurrence parfaitement stérile et même parfois nocive. Dans tous les domaines économiques, la logique tendance actuelle veut que chaque commune tente d’attirer à elle les nouvelles industries, les nouveaux commerces et les potentiels habitants qui augmenteront la masse fiscale engrangée pour faire fonctionner les services à la population. Les efforts et les préoccupations induits chargent inutilement les administrations et les organes exécutifs ou législatifs locaux. Pire : cette concurrence stérile engendre parfois un véritable « dumping » nocif pour toute la région. La fusion mettra un terme immédiat à ce genre de dérives bien compréhensibles lorsqu’il s’agit de faire tourner un ménage communal.

Et même lorsqu’elles collaborent, les communes perdent de l’énergie. Dans les syndicats ou autres organismes, chacune doit être représentée, chacune doit étudier les dossiers, chaque délégué ou représentant doit rapporter à son Exécutif. En fusionnant, elles s’accordent à confier chaque sujet à un/un panel de spécialiste/s choisi/s.| copil